Le don. Ô combien grande est l’influence de ce phénomène dans les sciences sociales. La découverte par Marcel Mauss de ce soi-disant « Roc » de la moralité humaine a donné lieu à maints débats et réflexions qui, loin d’être aujourd’hui résolus, ne cessent de se renouveler au gré des figures changeantes qu’emprunte le don dans les sociétés contemporaines. En effet, s’intéresser au don, ou plus largement à l’altruisme, n’équivaut absolument pas à s’intéresser à une survivance anachronique, héritée d’un stade social lointain et primitif que la tradition aurait précieusement préservée, mais qui serait inéluctablement vouée à disparaître sous le poids de la modernité. De concert – ou à contrecourant ? – d’un processus de modernisation régit par ce que Caillé appelle « l’axiomatique de l’intérêt » et la généralisation de la figure anthropologique de « l’homo oeconomicus», les pratiques de don sont bel et bien là, manifestant une vitalité qui n’a rien à envier au passé. Qu’il s’agisse des échanges symboliques qui tapissent le quotidien ou la façon dont les citoyens et citoyennes donnent ou se donnent à une cause pour transformer leur communauté, nombreux sont les faits qui démontrent que les pratiques de don s’adaptent plutôt que de se laisser intimider par le désenchantement du monde et la domination hégémonique de la rationalité instrumentale.
- De la main tendue aux Voix entendues…
Essai renouvelé sur le don et l’altruisme, par Jean-Marc Fontan, codirecteur du PhiLab, blog juin 2018. - Pésentation « Pour une histoire naturelle du don », par David Grant-Poitras, séminaire académie #6
- Présentation « donner…une histoire d’altruisme », par Emmanuelle Gagnéet Anaïs Bovet, séminaire academie #6
- Des dons à fluctuations cycliques, entretien avec Caroline Bergeronpar Simon Lord pour les Affaires, mai 2018
- Année PhiLanthropique juin 2018, don et altruisme.








