Ce deuxième volet d’une recherche sur la philanthropie et le handicap démontre que les personnes en situation de handicap constituent une population systématiquement sous-financée par la philanthropie canadienne. Malgré le fait que 27 % de la population canadienne vive avec au moins une incapacité, le handicap demeure une cause marginalisée dans les priorités philanthropiques.
Cette recherche révèle un cercle vicieux : le sous-financement chronique empêche la professionnalisation et la structuration du secteur communautaire, ce qui justifie à son tour la réticence des fondations à investir. L’analyse montre que même les cadres d’équité, diversité et inclusion (EDI), qui ont permis l’émergence de financements substantiels pour d’autres groupes marginalisés, excluent systématiquement le handicap ou le relèguent à une position secondaire.
Le rapport identifie trois obstacles principaux : (1) la perception du handicap comme responsabilité exclusive de l’État ; (2) la fragmentation du secteur communautaire, elle-même produite par le manque de ressources ; (3) l’absence du handicap dans l’application concrète des politiques EDI. Il conclut par un appel à un réinvestissement philanthropique transformateur tant dans les causes liées au handicap que dans les stratégies et les cadres philanthropiques eux-mêmes, afin que le handicap devienne une dimension systématique et légitime de l’octroi de subventions. Le rapport formule également des recommandations opérationnelles spécifiques pour soutenir cette évolution. Cette recherche adopte une perspective critique et transformatrice, fondée sur les études sur le handicap et les études critiques sur la philanthropie. Son objectif n’est pas de produire un portrait statistique exhaustif, mais d’analyser les mécanismes d’exclusion.















