Claire Guiard-Marigny

Poste occupé:
Coordonnatrice principale collecte de fonds et engagement communautaire, Est du Canada
Organisation:
FRDJ
Type de formation (1):
Formation universitaire (Maitrise)
Programme de formation (1):
Bac en gestion
Type de formation (2):
Formation universitaire (Certificat)
Programme de formation (2):
Certificat en gestion philanthropique (Université de Montréal)
Types de professionnel-le:
Professionnels-les dans les OBNL et OBE
Secteurs d'organisation:
Santé
Types d'organisation:
Oeuvres de bienfaisances (OB)

Pourriez-vous vous présenter ?

Diplômée en gestion, j’ai œuvré plus de 20 ans dans le domaine des nouvelles technologies, du numérique et de la créativité. Que ce soit en agence de communications ou dans le public, en développement de jeux et d’applications numériques, mon rôle a toujours été d’offrir les produits les plus adaptés aux besoins des usagers. Ma force est l’écoute et la compréhension de leurs enjeux, et mon plus grand plaisir est de travailler en équipe pour y répondre. Parallèlement à mon travail, je m’implique au sein de ma communauté et fais mon possible pour aider les personnes qui en ont besoin et tenter de rendre le monde meilleur. Suite à la fermeture de mon service chez Loto-Québec, j’ai décidé de réorienter ma carrière en philanthropie et de mettre ainsi mes compétences au service d’une cause et ce, à temps plein. Je suis coordonnatrice principale collecte de fonds et engagement communautaire chez FRDJ depuis près de deux ans et œuvre à collecter des fonds pour financer la recherche sur le diabète de type 1 (DT1).

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler en philanthropie ?

Depuis les 15 dernières années, je me suis engagée de façon bénévole, au sein de comités, mais aussi en collecte de fonds, dans le cadre d’une fondation créée avec mon amie pour les enfants atteints de cancer. J’ai également décidé de retourner sur les bancs d’école, pour compléter un certificat en gestion philanthropique. Finalement, je crois que j’ai tout naturellement penché pour la philanthropie lorsque j’ai eu à réfléchir, à la mi-quarantaine, à ce que serait la deuxième partie de ma carrière. Donner un sens à mon travail quotidien m’est apparu essentiel et j’ai décidé de rencontrer un maximum de personnes œuvrant en philanthropie pour mieux définir le type d’organisme dans lequel je voulais travailler.

Pouvez-vous définir et expliquer en quoi consiste votre activité et/ou fonction au sein de votre organisation ?

FRDJ Canada est une fondation nationale et mon rôle consiste à développer, pour la grande région de Montréal, les activités de collecte de fonds autour de deux principaux événements : la Marche Sun Life pour la guérison du diabète et le Roulons pour vaincre le diabète. La Marche est un événement typiquement familial et communautaire, qui rassemble des individus touchés par le diabète de type 1. Le Roulons, quant à lui, est presque exclusivement corporatif et consiste en un défi sur vélo stationnaire par équipe de 5. Dans les deux cas, mon objectif est d’accroître les revenus pour financer la recherche sur le diabète de type 1 (DT1), en motivant les troupes, les habitués à continuer d’augmenter leur collecte et les nouveaux à trouver les meilleures façons de mener campagne. Il s’agit donc de bien comprendre chaque situation, d’être à l’écoute des participants et des donateurs, de les aider et les encourager dans leur collecte de fonds et de toujours s’assurer qu’ils aient du plaisir, de la satisfaction et de la reconnaissance dans ce qu’ils entreprennent. Le DT1 n’étant pas toujours connu de tous, je fais également plusieurs présentations, souvent accompagnée d’un jeune ambassadeur FRDJ, afin de sensibiliser les gens, les informer et répondre à leurs questions. Mon rôle est de faire rayonner FRDJ et sa mission et de développer le « fundraising » pour financer les avancées de la recherche sur le DT1.

Quelle est votre formation professionnelle ? Est-ce pertinent dans le cadre de votre engagement philanthropique ?

J’ai fait une école supérieure de commerce en France et y ai obtenu l’équivalent d’un bac en gestion. Cette formation, ajoutée à mon expérience professionnelle en agence et en grande entreprise, fait de moi une chargée de projets solide, particulièrement habile à communiquer et à mettre en place des stratégies pour répondre à des besoins spécifiques. En suivant les cours du certificat en gestion philanthropique à l’Université de Montréal, j’ai réalisé que j’avais les bonnes bases pour me spécialiser dans ce domaine. En outre, j’y ai appris les concepts et théories propres au métier, le jargon et les principales références. J’ai surtout apprécié le professionnalisme des professeurs et de leurs invités, ainsi que l’apport des élèves qui travaillaient déjà dans le milieu et qui expliquaient les enjeux de la profession avec des exemples concrets. L’obtention de mon diplôme m’a, sans aucun doute, donné le coup de pouce supplémentaire pour trouver un emploi dans une fondation.

Parlez-nous rapidement de votre parcours professionnel ?

J’ai commencé à travailler en agence de communication à Paris puis à Montréal, dans le domaine des nouvelles technologies (conseillère stratégique web). Je me suis ensuite tournée vers la grande entreprise, toujours en numérique et en créativité. J’ai œuvré pour la filiale R&D de Loto-Québec en conception-réalisation numérique. J’ai perdu mon emploi lorsque cette filiale a été fermée pour cause de restructuration. Mes débuts en philanthropie consistent en quelques semaines de stage au sein du Bureau de développement de l’UdeM, de bénévolat chez Opération Enfant Soleil et d’un mandat de 8 mois à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Le 1er mai 2017, je commençai en collecte de fonds à la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile (FRDJ).

Quels sont les défis et enjeux liés à vos fonctions en philanthropie ?

L’enjeu principal des événements de collecte de fonds réside, selon moi, dans la rétention des participants qui, au fil des ans, ont du mal à continuer de recueillir autant de fonds qu’à leurs débuts. Il y a un phénomène, assez naturel, d’usure et, finalement, d’abandon. FRDJ tente de convertir les familles les plus impliquées vers le haut de la pyramide de dons, mais, au niveau des événements, c’est inévitable, les gens sont moins disponibles, ils sont fatigués de demander toujours aux mêmes personnes, ou n’ont plus le même besoin de partager avec les autres familles. Pour le Roulons, notre événement corporatif, le principal défi est aussi de retenir les organisations impliquées avec FRDJ. Pour cela, il faut à la fois proposer un événement exceptionnel et attacher les publics à la cause. Or c’est très difficile de faire les deux en même temps. Les facteurs de succès sont de s’y prendre le plus tôt possible et de s’adapter à chaque groupe de personnes et à ce qui les motivent : esprit de compétition au sein d’un même secteur, défi pan canadien, besoin individuel de se surpasser, etc.

Comment définissez-vous la philanthropie aujourd’hui ? Comment cette définition influence-t-elle votre façon de travailler ?

Pour moi, la définition primaire de la philanthropie, « qui aime l’humain » est encore à la base de l’engagement de la plupart des participants et des donateurs. Ça prend de l’ouverture vers autrui et de l’empathie pour vouloir aider les autres et faire sa part dans la société. Je crois qu’en tant que professionnels en philanthropie, nous devons trouver ces personnes clefs, écouter leurs motivations et leur offrir la meilleure façon d’aider. Au-delà de ça, la philanthropie est une véritable « business » comme les autres, qui nécessite des moyens en Marketing, communication, gestion des ressources humaines, technologies, etc. et qui doit remplir sa mission. Pour être crédibles et pour continuer d’exister, les fondations doivent, en 2019, démontrer l’impact qu’elles ont sur la société, tout en présentant une gestion saine et efficace.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite exercer votre profession/activité ?

La philanthropie change beaucoup depuis les 15 dernières années au Québec et je conseillerais à toute personne qui souhaite y travailler de toujours tirer la profession vers le haut, de suivre des formations pour se perfectionner, de pousser à fond sa créativité et d’exiger des moyens et des conditions à la hauteur de ce que la profession apporte à a société. Enfin, le développement philanthropique est un métier qu’il faut faire avec passion et conviction, car c’est exigent en temps et en énergie. En contrepartie, c’est, selon moi, la profession par excellence pour rencontrer des êtres incroyables : ceux qui veulent changer le monde.

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