Émilie Russo

Poste occupé:
Directrice, développement & communication
Organisation:
Fondation OLO
Type de formation (1):
Formation universitaire (Baccalauréat)
Programme de formation (1):
Baccalauréat en études internationales
Type de formation (2):
Formation universitaire (Certificat)
Programme de formation (2):
Certificat en journalisme
Types de professionnel-le:
Professionnels-les dans les OBNL et OBE
Secteurs d'organisation:
Santé, Soulagement de la pauvreté
Types d'organisation:
Oeuvres de bienfaisances (OB)

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis très sensible aux causes sociales, en particulier celles qui touchent les inégalités que vivent les enfants et qui affectent leur santé. Je travaille en communication et développement philanthropique depuis maintenant huit ans pour des organisations de bienfaisance, mais à la base je me destinais plutôt au journalisme, un métier que j’ai exercé pendant trois ans pour divers médias (journaux locaux, radio et télévision).

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler en philanthropie ?

Comme journaliste, je m’intéressais toujours davantage aux sujets qui touchaient les plus démunis, ceux qui ont peu de moyens pour se faire entendre. J’ai découvert dans les différents milieux communautaires que j’ai fréquentés une foule de gens inspirants et dévoués. Aussi, j’avais envie de prendre position pour mettre en lumière des situations d’injustice, mais mon travail exigeait une certaine objectivité. J’ai senti le besoin d’augmenter l’impact de mes actions et j’ai naturellement bifurqué vers un rôle en communication dans une organisation, pour aider une mission à rayonner.

Pouvez-vous définir et expliquer en quoi consiste votre activité et/ou fonction au sein de votre organisation ?

Ces dernières années, la Fondation OLO s’est donnée l’objectif de rejoindre davantage de parents dans l’espace public pour les amener à bien manger, cuisiner et manger en famille. Pour le volet communication de mon rôle, je me suis donc d’abord concentrée à développer, de concert avec mon équipe, une stratégie de contenu web à l’intention des familles qui comprend le lancement d’un blogue, une nouvelle présence sur les réseaux sociaux et de nouvelles infolettres pour mobiliser nos partenaires et donateurs. Pour le volet développement philanthropique de mon rôle, je collabore avec la directrice générale et les membres du conseil d’administration issus du milieu des affaires pour élaborer des stratégies de financement, que ce soit auprès des entreprises, des individus, des associations ou du gouvernement. Avec mon équipe, j’orchestre les campagnes de sollicitation de dons, les rencontres de démarchage avec des partenaires, la reconnaissance des donateurs et le développement de nouvelles occasions de dons, en particulier pour les individus.

Quelle est votre formation professionnelle ? Est-ce pertinent dans le cadre de votre engagement philanthropique ?

J’ai complété un baccalauréat en études internationales avec science politique, suivi d’un certificat en journalisme. D’une part, ma formation m’a éveillée aux enjeux du développement international, aux inégalités et à l’importance de la mobilisation sociale. D’autre part, j’ai pu me perfectionner dans la rédaction de messages simples et percutants, développer mes réflexes pour communiquer efficacement avec des publics cibles, et connaître les rouages des médias.

Parlez-nous rapidement de votre parcours professionnel ?

Après mes années en journalisme, j’ai été responsable des communications pour la Fondation du Dr Julien pendant cinq ans. J’ai pu orchestrer le volet des relations publiques et développer le plaidoyer, participer à la production d’un documentaire et la publication de livres, de même que développer la grande campagne de financement de la Guignolée. J’ai alors aiguisé ma connaissance de la réalité des familles vulnérables et j’ai constaté les difficultés parfois incroyables que doivent surmonter les enfants qui vivent dans ces milieux. Nous ne naissons définitivement pas tous avec la même chance ! Depuis 3 ans, j’occupe mon poste à la Fondation OLO. J’aime mon rôle qui me permet de contribuer concrètement à la réalisation de notre mission : donner une chance égale aux familles de mettre au monde des bébés en santé et d’acquérir des habitudes alimentaires saines tôt dans la vie.

Quels sont les défis et enjeux liés à vos fonctions en philanthropie ?

Je remarque ces dernières années que les entreprises établissent des critères de plus en plus précis pour octroyer leur financement. D’autre part, les individus sont très sollicités par les nombreuses causes présentes au Québec et préoccupés par la façon dont leur don sera utilisé par l’organisation. Du côté corporatif comme du côté individuel, les organisations doivent trouver le moyen de se distinguer. Mieux segmenter et choisir à qui on s’adresse devient primordial. Je constate que la clé est de miser sur une connexion émotionnelle authentique avec la personne susceptible de nous aider. En ce sens, les réseaux sociaux sont un formidable terrain de jeu pour valoriser ces échanges et les impacts d’une mission.

Comment définissez-vous la philanthropie aujourd’hui ? Comment cette définition influence-t-elle votre façon de travailler ?

La philanthropie, c’est avant tout une affaire de cœur, qui part d’une cause qui suscite notre empathie à tel point que nous décidons de donner pour la soutenir. C’est aussi une affaire de confiance, dans un monde où la transparence est plus importante que jamais. De la part de la personne qui sollicite le don, il faut être capable de susciter ces deux émotions : empathie et confiance. J’envisage toujours les décisions que je prends dans le cadre de mon travail d’une part en pensant aux donateurs envers qui nous sommes redevables et qui nous permettent d’exercer notre métier, et d’autre part en tout respect pour ceux qui bénéficient de notre action.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite exercer votre profession/activité ?

De garder le lien avec le « terrain » le plus possible, là où s’exerce la mission. Il faut la vivre, rencontrer les gens que notre organisation aide, pour être capable ensuite de raconter comment on arrive à transformer leur vie et susciter l’engagement chez les personnes qui peuvent nous soutenir. Il faut, nous aussi, entretenir notre empathie !