Chantal Gélinas (CRFE)

Poste occupé:
Directrice des dons exceptionnels
Organisation:
Université de Montréal
Type de formation (1):
Formation universitaire (Baccalauréat)
Programme de formation (1):
Baccalauréat en traduction
Type de formation (2):
Formation universitaire (Certificat)
Programme de formation (2):
Certificat en relations publiques
Types de professionnel-le:
Professionnels-les dans les OBNL et OBE
Secteurs d'organisation:
Avancement de l’éducation
Types d'organisation:
Autres

Pourriez-vous vous présenter ?

À l’Université de Montréal depuis 1999, j’ai cumulé trois fonctions depuis mon arrivée. D’abord à titre de conseillère principale à la Faculté de médecine, où j’ai mené une campagne majeure de 42 millions de dollars dans le cadre de la Campagne « Un monde de projets ». Puis en 2003, j’amorçais mes fonctions à titre de directrice des relations avec les entreprises et les fondations. Je suis maintenant directrice des dons exceptionnels depuis janvier 2017.

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler en philanthropie ?

Par le plus heureux des hasards, ou accident de parcours disent certains, comme la plupart d’entre nous à cette époque. Un programme d’accès à l’emploi (Article 25) à la sortie de l’Université m’a permis de travailler au sein d’un tout petit organisme où je devais aller chercher de la commandite pour la production d’un outil promotionnel et où j’ai obtenu mon premier don en nature.

Pouvez-vous définir et expliquer en quoi consiste votre activité et/ou fonction au sein de votre organisation ?

Je gère un portefeuille de donateurs exceptionnels actuels et potentiels (particulier ou organisation ayant une capacité de don de 1 million de dollars et plus). Je supervise la stratégie pour l’identification et l’accroissement du portefeuille de ces donateurs potentiels, en plus des stratégies de fidélisation, de sollicitation et d’intendance, avec pour objectif de maximiser ce segment de donateurs et augmenter l’intérêt et la satisfaction des donateurs avec le temps. J’assume également la direction du service de recherche qui dessert à la fois les besoins en recherche du volet philanthropique de notre mission (Réseau des diplômés et des donateurs), mais aussi ceux des relations avec les diplômés.

Quelle est votre formation professionnelle ? Est-ce pertinent dans le cadre de votre engagement philanthropique ?

Un baccalauréat en traduction, un certificat en relations publiques et d’une mineure en allemand. Le certificat en relations publiques est très pertinent, compte tenu du volet des communications que revêtent les fonctions en philanthropie, mais également mon baccalauréat en traduction puisque la rédaction est aussi omniprésente en philanthropie.

Parlez-nous rapidement de votre parcours professionnel ?

J’ai fait le saut dans le milieu de la philanthropie dès 1989 alors que je coordonnais la campagne de financement de l’Association de la paralysie cérébrale du Québec pour le Chapitre de Montréal. Depuis, j’ai œuvré auprès de différents organismes dans le domaine de la santé, dont la Fondation des maladies du cœur du Québec (coordonnatrice régionale Laval, Lanaudière et Laurentides), la Société canadienne du cancer (coordonnatrice, région de Montréal) et la Société d’Arthrite (Directrice du développement) avant de faire le saut dans le milieu de l’éducation supérieure. À l’Université de Montréal depuis 1999, j’ai cumulé trois fonctions depuis mon arrivée ; d’abord à titre de conseillère principale à la Faculté de médecine, puis en 2003 à titre de directrice des relations avec les entreprises et les fondations et finalement à titre de directrice des dons exceptionnels depuis janvier 2017.

Quels sont les défis et enjeux liés à vos fonctions en philanthropie ?

Les ressources humaines et financières insuffisantes pour l’atteinte d’objectifs ambitieux; la culture philanthropique francophone qui s’améliore, mais qui a encore du chemin à rattraper. La philanthropie évolue au fil du temps, partout, et particulièrement au Québec où nous partions avec plusieurs longueurs de retard au début de ma carrière. Aujourd’hui, le savoir-faire est présent au Québec et nous sommes à l’affût des nouvelles tendances et connaissons les meilleures pratiques. La culture philanthropique des organisations et des donateurs n’a pas évolué au même rythme, mais on s’en rapproche de plus en plus.

Comment définissez-vous la philanthropie aujourd’hui ? Comment cette définition influence-t-elle votre façon de travailler ?

Pour moi, la philanthropie revêt toujours la même signification que celle des dictionnaires ; amour de l’humanité, ami de l’homme, désintéressement et charité. Sa déclinaison, elle, dépend de chaque individu, elle s’exprime différemment selon ses valeurs, son éducation, ses moyens financiers, son vécu et les opportunités qui s’offrent à lui. Je travaille toujours avec la conception que chaque individu souhaite améliorer le monde, que ce soit dans son quartier, sur un autre continent, pour son entourage ou pour lui-même… ou encore, il a été comblé par la vie et souhaite redonner au suivant. Peu importe, il suffit de trouver son véritable intérêt et d’allier celui-ci avec la mission de l’organisme. Il faut dire que j’ai beaucoup de chance, car le milieu universitaire, et particulièrement à l’Université de Montréal, foisonne de sujets de recherche et d’enseignement susceptibles de correspondre aux intérêts des donateurs potentiels.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite exercer votre profession/activité ?

Être passionnée par la cause qu’elle défend parce nous passons de très nombreuses heures au travail et sans celle-ci, nous ne pouvons la communiquer efficacement aux donateurs et aux bénévoles. S’engager auprès d’une des associations professionnelles pour redonner au suivant, pour apprendre davantage des autres et de se tisser un réseau fort vers qui se tourner lorsqu’en quête de réponses. Suivre de la formation continue d’associations professionnelles afin d’être au courant des nouvelles tendances et des meilleures pratiques. Toujours agir de façon éthique et responsable, d’appliquer le code de déontologie de l’AFP et la Charte des droits des donateurs. Obtenir la certification CFRE dès qu’éligible.

Une dernière chose à ajouter ?

Travailler en philanthropie, c’est un très grand privilège, ça me permet de participer à l’amélioration des collectivités et de jouer un rôle, si petit soit-il, à changer le monde pour le mieux.