Catherine D’Amour

Poste occupé:
Responsable du développement philanthropique
Organisation:
CCSE Maisonneuve
Type de formation (1):
Formation universitaire (Baccalauréat)
Programme de formation (1):
BACC multidisciplinaire en intervention psychosociale et gestion des soins de santé
Types de professionnel-le:
Professionnels-les dans les OBNL et OBE
Secteurs d'organisation:
Santé
Types d'organisation:
Organismes à but non lucratif (OBNL)

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis une nouvelle employée dans le domaine de la philanthropie. En effet, j’ai commencé comme intervenante psychosociale dans les domaines de la santé mentale, de la toxicomanie, de l’itinérance et de la déficience intellectuelle. Depuis mes débuts professionnels, j’ai toujours aimé m’impliquer pour aider autrui. Je suis également animée par les arts et surtout par les arts du cirque, c’est pour cela que je suis également instructrice de hula hoop

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler en philanthropie ?

En raison de mes fonctions d’intervenante psychosociale, j’ai pu évoluer dans le milieu communautaire auprès de différents organismes. J’ai pu rapidement constater le manque de financement. Je trouvais inquiétant de voir le roulement de personnel et la fermeture de services de certains programmes. Ce qui affectait directement les usagers avec qui je venais de bâtir une relation de confiance. J’ai décidé de faire une réorientation de carrière dans le domaine de la philanthropie afin de pouvoir continuer cette aide, mais d’une autre façon. Je n’aide plus directement la personne en face de moi (lors d’intervention), mais j’essaie d’aider au niveau du fonctionnement de l’organisme et le soutien de la cause.

Pouvez-vous définir et expliquer en quoi consiste votre activité et/ou fonction au sein de votre organisation ?

Je viens de commencer mon emploi, mon poste est nouveau au sein de l’organisme. Je travaille plus particulièrement avec le secteur de La Caserne 18-30 du CCSE Maisonneuve. Ce secteur se spécialise dans les arts du cirque. J’interviens dès la mise en place des projets, du plan stratégique au plan de développement, en passant par les demandes de subventions et la recherche de commandites et de partenariats pour les événements. Le prochain défi de ma fonction est de faire de la recherche et sollicitation de dons corporatifs pour développer les nouveaux projets. Je n’ai jamais été très loin de ces tâches, car durant mes expériences bénévoles antérieures, j’étais déjà confrontée à la recherche de financement. C’était pour financer la création d’un nouveau pavillon.

Quelle est votre formation professionnelle ? Est-ce pertinent dans le cadre de votre engagement philanthropique ? Pourquoi ?

J’ai un DEC design de mode qui était très intéressant, mais qui ne reflétait pas mes valeurs et ce que je recherchais pour mon quotidien. J’ai donc poursuivi par un BACC multidisciplinaire en intervention psychosociale et gestion des soins de santé que j’ai complétés plus tard par des études au certificat en gestion philanthropique.

Parlez-nous rapidement de votre parcours professionnel ?

J’ai commencé dans le domaine de la mode et la promotion événementielle, très peu de temps. Puis c’est dans le domaine de la santé et des services sociaux que j’ai évolué et où j’ai beaucoup appris du secteur philanthropique, mais avec un autre regard. Celui de l’intervenante et de la patiente. J’ai traversé des épreuves personnelles au niveau de la santé ce qui m’a amené à faire beaucoup de bénévolat et entreprendre une formation professorale de yoga. Mon expérience professionnelle en philanthropie est indissociable de mes expériences bénévoles, en particulier pour les Grands Ballets canadiens, l’Hôpital Douglas dans l’unité des troubles de l’alimentation et pour la Fondation Maman Dion. Toutes ces étapes font partie de mon cheminement professionnel. Je travaille aujourd’hui pour le CCSE Maisonneuve.

Quels sont les défis et enjeux liés à vos fonctions en philanthropie ?

Le domaine des arts et de la culture est un domaine qui traverse de nombreux défis et c’est aussi un défi pour moi étant donné mon background en services sociaux et de la santé. Sensibiliser les gens aux causes artistiques tels les arts du cirque est plus difficile. C’est évidemment très loin des causes de la santé, de l’enfance et de l’éducation qui peuvent paraître prioritaires pour les donateurs. Un autre enjeu est le travail dans les petites structures. Dans l’organisme pour lequel je travaille, je suis la seule en philanthropie. C’est un nouveau poste. Tout est à bâtir ! On a tendance à l’oublier, mais quand les organismes sont subventionnés par le gouvernement et la ville, il y a des avantages, mais aussi des tâches bien spécifiques à connaître. C’est un véritable plus de comprendre et de savoir comment faire des demandes de subventions. C’est comme pour tout, bien que ça puisse paraître ardu au début, ça s’apprend !La santé mentale est encore un sujet délicat aujourd’hui. Nous avons des difficultés pour trouver des porte- paroles voulant s’associer à la cause des troubles de l’alimentation. Peut-être que cette entrevue donnera envie à quelqu’un de nous rejoindre !

Comment définissez-vous la philanthropie aujourd’hui ? Comment cette définition influence-t-elle votre façon de travailler ?

La philanthropie a un impact social très puissant. Elle peut-être définie comme un levier très fort, très rassembleur pour une cause. À condition de bien savoir s’en servir ! Je crois aujourd’hui que la philanthropie est l’affaire de tout le monde. Elle nous concerne tous et toutes. Ce n’est plus réservé à une poignée de philanthropes très aisés issue du monde de l’entreprise. Nous avons tous notre rôle à jouer. Par exemple, on voit naître de plus en plus de clubs de jeunes philanthropes. Chaque geste compte, tout le monde peut donner et contribuer à sa façon.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite exercer votre profession/activité ?

Foncer ! Il y a de plus en plus d’ouverture d’emplois dans le domaine. Pensez également à ne pas regarder que les grandes fondations. Les petits organismes communautaires sont aussi à la recherche de talents.
N’oubliez pas de faire du bénévolat et de vous impliquer. C’est une bonne façon de connaitre le milieu et les personnes que l’on souhaite rejoindre. Je recommande également de vous former. Il y a des formations à l’université qui permettent d’acquérir des connaissances sur le secteur. Dans mon cas, j’ai beaucoup appris des cours offerts au certificat en gestion philanthropique de l’Université de Montréal.