Le retour du Canada, M. Trudeau?

01 décembre 2015

Quel rôle politique pour la philanthropie ?

Cette question était au cœur des échanges qui ont marqué la session d’ouverture du colloque de Fondations philanthropiques Canada tenu à Toronto les 27 et 28 octobre dernier.

Dès lors, comment penser le rôle politique de la philanthropie institutionnelle, c’est-à-dire la place et la fonction des fondations donatrices dans la société ? Par fondations subventionnaire, nous entendons les organisations privées ou communautaires qui investissent le fruit de dotations dans des projets principalement mis en place par des organisations de bienfaisance de la société civile.

Le rôle politique de la philanthropie, pour être clarifié, demande un consensus fort sur son identité et sur la place qu’elle occupe dans la société. Pour en arriver à un consensus social sur la philanthropie, et plus particulièrement sur les fondations donatrices, il est nécessaire de mettre en débat cette question. Le colloque de Fondations philanthropiques du Canada, le Sommet 2015 de l’Institut Mallet ou encore le Sommet 2014 Community Knowledge Exchange représentent des moments importants dans la construction d’un tel consensus. De plus, il importe que les fondations subventionnaires clarifient leur appartenance à la société civile et qu’elles s’entendent minimalement sur les valeurs, les principes, les obligations, les intérêts et les responsabilités qui guident leurs actions.

Dans cette perspective, au-delà de conversations entre représentants du secteur des fondations subventionnaires privées ou publiques, il importe de mobiliser d’autres acteurs, dont des universitaires et des représentants des organismes de bienfaisance subventionnés, afin de réfléchir collectivement sur les fondements de l’action philanthropique. Une telle réflexion est essentielle au lendemain de l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Pour les fondations et les acteurs de la philanthropie, il est vital que soit confirmée la légitimité de l’action réalisée par les organisations de la société civile qui sont actives dans le domaine de la bienfaisance ou de la charité. Sans cette reconnaissance du bien-fondé d’une action philanthropique, le travail de médiation effectué par des fondations subventionnaires en est grandement limité. Il importe donc que des représentantes de la philanthropie et des fondations donatrices s’unissent avec d’autres représentantes de la société civile et de mouvements sociaux pour formuler et soumettre un plaidoyer à l’État. Un plaidoyer qui rappellera la nécessité de reconnaître l’importance et la légitimité la société civile dans la régulation d’ensemble de la société. Un plaidoyer qui soulignera l’importance qu’il y a de mobiliser l’ensemble des ressources de notre société pour se doter des outils et moyens tant sociaux, économiques que politiques pour faire face aux grands enjeux que représentent la lutte aux inégalités sociales, la protection de l’environnement, la protection et le renforcement des processus démocratiques et le respect des différences culturelles.