Dans cette crise globale, la philanthropie internationale a un rôle à jouer…

23 avril 2020

Le contenu du présent communiqué représente le point de vue de l’auteur et de son organisation. Nous le partageons sur ce blog et vous invitons à réagir pour alimenter le débat. 

Cet article fait partie du Hors-Série#1 de l’Année phiLanthropique 2020

Par Benoit Fontaine

Benoit Fontaine, Fondation KBFJuriste de formation et passionné par le secteur philanthropique, Benoit Fontaine s’est joint à la Fondation Roi Baudouin en 1999, la plus grande fondation belge et fondation internationale majeure créée en 1976. En tant que Head of Venture Philanthropy, il y a lancé le Fonds Venture Philanthropy, un fonds qui a aidé activement  des organismes charitables à se développer et à se restructurer en les coachant en matière de bonne gouvernance, de stratégie à long terme, de modèle d’affaires et d’évaluation d’impact. Depuis fin 2016, Benoît Fontaine est le Directeur général de la Fondation KBF CANADA (King Baudouin Foundation Canada), organisme de bienfaisance canadien.

 

L’épidémie du COVID-19 nous affecte tous. C’est un défi de santé publique sans précédent, et nous sommes conscients que partout, des individus et organismes veulent apporter leur soutien, être utiles, bref apporter une contribution  à la solution.

Dans cet article, nous poserons certains principes, et mettrons en lumière certaines initiatives internationales menées au départ du Canada afin d’apporter une aide dans le cadre de la crise que nous traversons.

Ne pas opposer local et global

Les hôpitaux ont besoin de matériel, les maisons de repos manquent de bras, la recherche scientifique doit être soutenue afin de trouver des médicaments capables de freiner la maladie et un vaccin capable de l’enrayer, des personnes se trouvent en situation de grande précarité et il s’agit de leur apporter une aide de première nécessité…

Les besoins sont locaux, très visibles proches de chez nous, dans notre entourage immédiat.

Mais ils sont aussi globaux : certains pays souffrent plus que d’autres, les systèmes de santé diffèrent d’un pays à l’autre, la recherche doit être coordonnée, les résultats de ces recherches doivent être échangés. De plus, pour les pays en développement, il s’agit d’une crise qui s’enracine dans une terre qui était déjà fragile.

Dans un tel contexte, faut-il privilégier la philanthropie locale ou la solidarité internationale ? Opposer les deux n’a pas de sens, la question ne se pose pas en termes de faire ceci ou faire cela, mais bien en termes de complémentarité. Ce n’est pas ‘ou’ mais ‘et’.

 Être anticyclique

Les hommes politiques doivent faire face aux élections et les entreprises au marché, c’est ce qui leur donne une légitimité. Pour les fondations également la légitimité est importante. Cette nécessaire légitimité s’accompagne naturellement de la question suivante : dans un contexte de crise, doivent-elles redoubler de prudence et dépenser moins ou au contraire accroître les dépenses au profit des plus vulnérables, car les besoins dans la société augmentent de façon criante? Tout comme en 2008,  et dans la mesure du possible, les fondations peuvent être anticycliques et accroître leurs projets de bienfaisance et donc leur dépenses en période de crise ; c’est tout à leur honneur.

 Fonds de Solidarité au profit de l’OMS

La Fondation KBF CANADA est par exemple le partenaire canadien de la campagne globale de recherche de fonds menée au profit de l’Organisation Mondiale de la Santé.

L’OMS dirige et coordonne l’effort mondial en aidant à prévenir, détecter et faire face à l’épidémie. Les dons au COVID-19 Solidarity Response Fund ontpour but:

  • de suivre et comprendre la propagation du virus;
  • de s’assurer que les patients reçoivent les soins appropriés et que les acteurs de première ligne aient le matériel et les informations nécessaires, dans les pays les plus touchés.
  • d’accélérer le développement de vaccins, tests et traitements.

Réaffirmer notre soutien aux pays en développement et encourager la philanthropie de la diaspora

Dans certains pays, par exemple en Afrique, la situation est critique. Dans un monde globalisé où les flux migratoires sont nombreux, bon nombre de citoyens ont des attaches multiples : dans leur pays de résidence bien sûr, mais aussi dans leur pays ou région d’origine.  Il est important que les pays d’origine puissent compter sur la solidarité de la diaspora répartie à travers le monde, et nombreux sont ceux qui veulent contribuer.  Leur connaissance culturelle est notamment un atout précieux pour accroître l’impact des projets de bienfaisance menés.

Intensifier la communication avec nos partenaires dans les pays en développement

Bon nombre de fondations et ONG sentent la tension chez nos partenaires qui sont débordés par les demandes croissante de la population : la pauvreté, la faible organisation du système de santé, l’accès limité aux services pour la population créent un cocktail délicat. En ces temps de crise, il est d’autant plus important d’accroître l’intensité des contacts avec nos partenaires afin de les soutenir et de chercher ensemble la meilleure façon d’atteindre un impact. Outre le fait de dégager des fonds d’urgence pour répondre à la situation il convient d’être flexible quant au délai de réalisation de certains projet initiés précédemment. Ce n’est sûrement pas le temps de diminuer l’aide aux pays en développement !

 Soutenir la philanthropie pour des projets internationaux

La Fondation KBF Canada a été lancée à l’initiative de la Fondation Roi Baudouin, créée en 1976 à Bruxelles. Nous collaborons avec les donateurs canadiens pour appuyer des causes, des communautés et des projets de bienfaisance aux États-Unis, en Afrique, en Asie, en Europe, et en Amérique centrale et latine. Nous assurons le suivi et le contrôle des projets. Nous sommes enregistrés auprès de l’Agence du Revenu du Canada (ARC) en tant qu’organisme de bienfaisance. Nous développons notamment des partenariats avec des associations locales en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique centrale et latine et aux États-Unis afin de réaliser des projets de bienfaisance. KBF Canada a accès à un solide réseau international, à une expertise et à de vastes connaissances pratiques grâce à 44 années de relations établies au sein de la famille KBF (King Baudouin Foundation). Nos valeurs communes sont : l’intégrité, la transparence, le pluralisme et l’indépendance, le respect de la diversité et la promotion de la solidarité. Plus d’infos : www.kbfcanada.ca